Après avoir visité Istanbul, il nous reste encore pas mal de temps pour parcourir le pays. Nous nous sommes fixés 3 semaines pour le traverser car il est grand comme 2 fois la France.

Nous mettons cap au sud en direction d’Ephèse: ancien ville portuaire située maintenant à 7 kms de la mer Egée à l’intérieur des terres, dans laquelle aurait vécu St Jean et la Ste Vierge après la mort de Jésus. C’est un haut lieu touristique du pays, et n’étant pas encore en pleine saison, nous profitons de pouvoir nous balader tranquillement dans les ruines et les vestiges de cette ancienne cité grecque d’Asie mineure. Nous découvrons ainsi avec les enfants, l’histoire de l’empire Ottoman et de cette ville comptant parmi les plus importantes de l’Antiquité. On pouvait, à cette époque, la comparer à Rome, Antioche ou encore Alexandrie.

Nous reprenons la route côtière pour aller dormir sur une plage, espérant ne pas avoir trop de vent pour la nuit. Nous découvrons alors les habitudes turques : le week-end, lorsqu’ils vont à la plage, ils se garent vraiment sur le front de mer et déploient leurs affaires juste à côté du véhicule. Chacun apporte son matériel pour faire du thé, du café, un barbecue… et ils y passent la journée, regardant les enfants s’amuser dans l’eau, buvant du thé à toute heure, et cuisinant diverses brochettes de poulet ou d’agneau marinées aux épices. Lorsque la nuit est tombée, ils allument alors leurs phares pour avoir un peu de lumière, et continuent tranquillement jusqu’à pas d’heure ! Et au moment du départ, ils remballent leurs affaires en laissant les déchets sur la plage. Quel dommage devant de si beaux paysages, de devoir commencer notre bivouac presque chaque soir, par un gros tour d’horizon, muni d’un ou plusieurs grands sacs poubelles !

Nous quittons ensuite le Sud Ouest de la Turquie pour partir en direction de la Cappadoce et du parc national de Göreme au centre du pays. Nous avons vu quelques clichés de ce site pourvu de multitudes de troglodytes, de cheminées de fées aux couleurs d’ocre s’étendants sur plusieurs centaines de kms. En arrivant sur place, nous suivons les indications de notre ami Google Map pour arriver sur l’endroit choisi pour le campement. Nous descendons par un petit sentier escarpé et sinueux, somme toute très joli et bucolique, en espérant très fort ne pas avoir à remonter par celui-ci. Une fois arrivés en bas, nous nous apercevons que la suite du sentier est plus adaptée pour une moto ou à pieds… que pour notre attirail ! Gloups, il va falloir faire demi-tour, puis remonter. Confiants dans notre véhicule, mais avec un peu d’appréhension tout de même, nous commençons notre ascension. Au milieu de la montée, les roues commencent à perdre de l’adhérence et nous sommes forcés de nous arrêter et de constater que le frein au pied ne suffit pas dans une pente pareille. Nous ne sommes pas trop de deux pour serrer le frein à main, tenter de démarrer en côte, mais l’embrayage patine. Comment va t’on s’extirper de cette situation ? La marche-arrière est impossible (à cause de la route tortillante), on n’arrive pas à décoller même en vitesses courtes. David décide alors de dégonfler les pneus pour récupérer un peu d’adhérence, de bloquer les différentiels et… magnifique, on remonte. On s’en tire avec quelques suées et un peu plus de cheveux blancs. Ça nous aura au moins appris, pour les prochaines fois, à faire un petit repérage à pieds quand le chemin devient vraiment difficile et à ne plus faire une confiance aveugle à Google Map.

Nous cherchons alors un autre lieu pour se poser, le soleil commence à décliner et les couleurs sont vraiment superbes. Nous posons la voiture et décidons d’aller repérer à pieds cette fois-ci, ce sera plus tranquille. On observe, on cherche un petit coin pas trop visible de la route et qui ne gênera pas pour les nombreux quads qui circulent. De retour vers le Def, nous apercevons un couple qui tourne autour de notre voiture… ce sont des Français ! Nous passons alors la soirée avec Nathalie et Alban, un couple partis il y a 2 mois au début de leur vie professionnelle, pour 18 mois (wonderscope-project.com), contents d’échanger sur ce que nous avons déjà vu, ressenti, découvert… Nous passons une soirée vraiment très sympa. Le lendemain matin, ils font observer aux enfants des insectes à l’aide de leur loupe et microscope : imaginez les yeux émerveillés de Martin ! Tous se prennent au jeu et nous passons un super moment. Nous partons à la journée nous promener dans les cavités, les sentiers et découvrir au fil d’une vallée creusée le long d’un petit ruisseau (qui nous permettra de tester notre gourde filtrante) les différents troglodytes, églises et pigeonniers. Il fait vraiment chaud et qu’est-ce que l’on est bien au fond des cavernes.

Le lendemain matin, nous sommes réveillés de très bonne heure (4h30 tout de même) par un bruit de compresseur : en effet, la Cappadoce est aussi très connue (surtout des touristes chinois apparemment) pour son spectaculaire envol de ballons. Une centaine de montgolfières se préparent à décoller avant le lever du soleil afin de profiter de la luminosité particulière de l’aurore sur ce paysage unique. Les enfants assistent depuis leurs oreillers, en ouvrant la tente et la moustiquaire, à ce spectacle. Nous passons quelques heures à contempler, prendre des photos, profiter de ce moment inoubliable.

le petit mot de Martin:

Au départ, je me demandais ce que pouvait bien être ce bruit. Pétronille m’a dit que c’était des montgolfières, Wahouuuu ! J’ai alors sauté de mon lit pour aller voir, et là j’ai vu des ballons multicolores qui se gonflaient. Des énormes montgolfières décollaient et je pouvais les regarder de mon lit, le rêve ! Je me suis dit que c’était la première fois que je voyais ça dans ma vie, et je n’aurais pas cru le voir. L’une d’elle est passée au ras de la tente, ça m’a fait un peu peur mais j’ai trouvé ça drôle.

Après un bon petit-déjeuner, nous voici de nouveau sur la route. Nous voulons rejoindre Erzurum, située au Nord-Est du pays, proche de la frontière iranienne, afin de faire la demande de nos visas auprès du consulat iranien. En arrivant sur place, nous n’avons pas encore reçu notre numéro d’autorisation (demandé auprès d’une agence agréée) pour pouvoir solliciter nos visas. Pour patienter, et vu que la météo dans la région est plutôt mauvaise, nous décidons de prendre la route du Sud, près du lac de Van, plus grand lac salé de Turquie.