Monténégro

Ressemblant en beaucoup de points à la Croatie, pas trop de dépaysement… De beaux paysages combinant à la fois les forêts de cyprès, ce qui lui donne sa teinte de « montagne noire » (d’où son nom), et la mer turquoise. Nous profitons de belles criques pour nous poser, étendre une lessive ou deux, se baigner et chercher les petits poissons multicolores dans l’eau transparente.

Le pays est surtout réputé pour ses petites routes étroites, sinueuses, bordées d’un ravin à pic et d’une paroi rocheuse… Bref, tout ce qu’il faut pour se faire une belle frayeur. Ce que nous avons fait : ajoutons une bonne pluie, une grosse montée à 15% et le tour est joué, l’embrayage s’en souvient encore. Un bon apprentissage du démarrage en côte en « boîte courte » en quelque sorte… et quelques sueurs pour la conductrice, sous l’oeil très zen de David, toujours confiant envers son véhicule de prédilection.

Albanie

Une demie journée nous a suffit pour traverser ce petit pays.

La différence avec ses voisins précédents est frappante. Nous croisons sur la route une multitude de moyens de transports : SUV de luxe, carriole à cheval, homme à dos d’âne, mobylette sans casque… tout ça n’allant pas toujours dans le même sens de circulation. Mieux vaut être sur le qui-vive : les albanais sont les champions de la queue de poisson, du doublement par la droite et de préférence par la bande d’arrêt d’urgence et du dépassement même lorsqu’un véhicule arrive en face ( il n’aura qu’à se déporter un peu, après tout). Lors de la traversée d’une ville, nous nous apercevons qu’il manque toutes les plaques d’égoûts ! Il nous faut alors slalomer au milieu de la route… D’accord, notre gabarit dissuade un peu, mais ce n’est quand même pas très rassurant. Heureusement, c’était la journée et pas la nuit.

Hormis quelques plages a l’atmosphère un peu surannée, le pays est très rural. Nous pouvons constater que les travaux des champs se font encore pour beaucoup à la main. Les troupeaux sont aussi gardés dans les prés, qui n’ont aucune clôtures et permettent ainsi aux vaches ou aux moutons de traverser la route quand bon leur semble… Il va falloir s’habituer à ce genre de détail, car cela à l’air d’être une pratique courante dans les contrées suivantes aussi. Nous traversons la frontière avec la Grèce sans encombres, si ce n’est une horde de chiens voulant mordre nos pneus une fois la barrière de la douane passée. Quel accueil !

Grèce

Nous arrivons au crépuscule, et au vu de l’heure, nous nous décidons pour un camping en bord de mer un peu plus au Sud.

Nous sommes samedi . Nous accusons un premier orage et un temps maussade. Consultant la carte de la Grèce et la météo, nous décidons de rejoindre Thessalonique, grosse ville de quelques millions d’habitants, où nous pourrons faire un lave-automatique et nous poser 2 – 3 jours sur une plage.

Mais sur la route, nous faisons un petit crochet pour aller voir de nos yeux les monastères chrétiens orthodoxes perchés en haut de falaises et de pitons rocheux sculptés par l’érosion : les Météores. La légende raconte que ces pics ont été posés par la Providence elle-même afin de permettre aux moines de se retirer du monde. A son apogée, on pouvait compter une vingtaine de monastères différents. De nos jours, il n’en reste que 6 dont quelques uns sont ouverts à la visite le matin. Dommage pour nous, nous sommes arrivés un peu tard mais nous nous contentons largement du spectacle extérieur qui est à couper le souffle. Majesté des paysages, perspectives éblouissantes.

Beaucoup de touristes chinois, arrivés par cars entiers, nous font repartir une peu plus loin pour notre campement. Un bord de lac fera très bien l’affaire, où nous pourrons faire un bon feu et tester ainsi notre grille de barbecue avec quelques saucisses locales ainsi que des chamalows grillés pour le plus grand plaisir des enfants!

Le lendemain, nous traversons une plaine remplie de vergers de fruits tous plus appétissants les uns que les autres : fraises, cerises, pêches, abricots… chic l’été semble déjà arrivé ici. Après quelques courses alimentaires, nous arrivons sur une belle plage de sable, très longue. Profitant du « grain » qui nous arrive dessus, nous prenons quelques clichés de notre installation avec la lumière bien particulière des ciels orageux et un magnifique arc-en-ciel. Après une courte nuit très ventée, nous décidons de changer d’endroit car celui-ci est bien trop exposé au vent. Il nous faudra prendre ce critère plus au sérieux d’ailleurs… nous n’y avions pas songé jusqu’à présent.

Nous sommes le 7 Mai, c’est notre anniversaire de mariage : 14 ans !

Il nous faut donc trouver un beau spot, digne de ce moment à partager en famille, loin de nos contrées familières. Nous optons pour une petite crique tranquille, face à la mer Egée. Eau transparente, vue sur le mont Athos, et plage de sable fin… qui dit mieux ? David nous a déniché une bouteille de champagne, les enfants nous préparent un « apéro dînatoire » avec quelques produits locaux (tapenade, tomate cerise, chips car « qui dit apéro, dit chips » comme dirait … on ne nommera personne -))… bref une très belle soirée juste entre nous.

L’endroit est vraiment paradisiaque. Le lendemain, réveillés par un troupeau de moutons venant paître sur la colline attenante, nous vaquons à nos occupations : baignade dans l’eau très fraiche pour certain (David peut donc dire qu’il se sera baigné dans la mer Egée), recherche de coquillages, rédaction des carnets de voyage… Nous n’avons pas encore rattaqué l’école, la motivation manque un peu. Laissons l’esprit d’aventure prendre sa place et la vie nomade aussi. Nous flânons, prenons des photos de nombreux petits oratoires se trouvant au bord des chemins, admirons les couleurs très vives de ce beau pays : bleu de l’eau, vert de ses arbres, gris de ses rochers… un vrai tableau de maître.

Une soirée crêpes au cours de laquelle nous avons dégusté la confiture de lait de mon filleul préféré (du moment…!) et un bon plat de lentilles cuit dans l’eau de mer (ce qui n’est pas à faire sauf si vous aimez les plats très très salés) plus tard, nous repartons pour Thessalonique afin de récupérer un colis DHL contenant le permis international de David, la carte grise de la remorque enfin arrivée ainsi que son attestation d’assurance papier. Merci Sophie pour l’envoi rapide car sans ces papiers, nous n’aurions pas pu quitter notre bonne vieille Europe.

Et voila, nous pouvons maintenant, nous préparer à traverser encore une fois la frontière et quitter le sol de notre continent pour le continent voisin.

A nous la Turquie !